RENCONTRE DES LAUREATS DE CENTRALE ET SUPELEC

BISMIL ALLAH AR RAHMANE ARRAHIM

Je suis tout d’abord très heureux d’être aujourd’hui parmi pour vous pour la sixième édition du forum des lauréats de Centrale et de Supelec.

Je vous félicite d’avoir pû étudier dans ces établissements prestigieux, qui ont un processus d’accès très sélectif et et ambitionnent de former non seulement d’excellents ingénieurs mais également des managers et entrepreneurs d’envergure internationale. Certains d’entre vous ont réussi à étudier dans ces grandes écoles, après un parcours d’excellence dans leurs pays d’origine avec parfois diverses contraintes matérielles et humaines.

Je salue également tous ceux qui enrichis de ces compétences académiques et professionnelles acquises à l’étranger ont décidé de rentrer, comme militants de la cause du développement, dans leur pays d’origine ou qui le font activement à partir de leur pays de résidence.

Cela étant dit, nous devons également être en tant que pays africains, fiers des progrès que font nos grandes écoles d’enseignement supérieur, qui fournissent également un vivier d’ingénieurs ou de managers hautement qualifiés. La meilleure preuve en est la décision d’ouverture de filiale ou de campus des écoles étrangères les plus prestigieuses dans nos pays, au-delà des partenariats classiques à l’instar de l’école centrale de Casablanca ou du Campus de l’Essec à Rabat.

La thématique de vous avez choisi aujourd’hui, celle de l’industrialisation, est non seulement intéressante mais également vitale.

Réussir à industrialiser l’Afrique, c’est réussir en grande partie le défi du développement à la condition d’une bonne politique d’inclusion sociale. En effet, l’industrie dont nous avons besoin est à la fois créatrice d’investissements d’emplois, et d’émulation pour les secteurs des services ou le tissu des TPE-PME.

Ainsi, c’est une priorité nationale pour laquelle se sont succédé deux plans majeurs durant ces dix dernières années (Plan Emergence et PAI). L’objectif étant pour le Maroc de renforcer le poids de l’industrie pour atteindre 21% du PIB, de consolider des champions nationaux et de développer des écosystèmes forts et intégrés. Bien entendu cette politique ambitieuse est fortement reliée à la réforme du secteur éducatif et de la formation afin de mieux connecter l’offre de formation aux besoins de l’économie.

Mais cela est aussi appuyé par la politique Royale des grands chantiers qui permet au Maroc, d’être parmi les pays les plus compétitifs au niveau logistique en Afrique avec un réseau autoroutier, ferroviaire, aérien et portuaire moderne comme en témoigne le port de Tanger Med. Ces possibilités logistiques sont appuyées par la mise en place d’une infrastructure d’accueil incitative et de grande qualité à l’instar de Tanger Free Zone, qui est réputée parmi les zones franches les plus compétitives au monde, créant plusieurs dizaines de milliers d’emplois de qualité.

Aujourd’hui, nous avons réussi à avoir déjà d’importants résultats. L’industrie automobile limitée au début des années 2000 engendre près de 7 milliards de dollars de chiffres d’affaires aujourd’hui avec un taux d’intégration ciblée dépassant les 60% et incluant la fabrication des moteurs. Nous avons développé des écosystèmes importants dans l’industrie chimique, l’aéronautique, etc. comme nous avons appuyé la transition des secteurs classiques comme le textile.

Ces réalisations ne doivent pas nous faire oublier que certains pays sont en train de passer à une phase de post industrialisation, basée sur la robotique dans les services, les NTIC, la R&D, que nous devons anticiper. Ces évolutions détruiront à moyen-long terme des emplois dans l’industrie et les services.

Mais malgré cela, les défis restent nombreux et la transformation de notre modèle économique d’une manière durable nécessite plusieurs piliers comme la mise en place de mécanismes renforcés de mise en œuvre des projets structurants et des réformes avec des exigences de délais et de qualité, une politique nationale d’inclusion sociale, la réforme et la simplification de l’administration. Un système éducatif de qualité, un environnement amélioré pour l’environnement des affaires en somme une approche globale et inclusive de développement durable.

Ainsi, notre Gouvernement a dès son entrée en vigueur donné une importance à ces réformes et nous avons accordé une place majeure à la coordination des politiques publiques et à l’efficacité de leurs résultats.  Nous travaillons pour l’élargissement du système de protection sociale et son amélioration pour qu’il couvre 90% de la population en 2020. Nous sommes en train de concrétiser la phase importante de réforme de la compensation pour cibler les ménages plus pauvres. Nous avons lancé le programme de mise à niveau du monde ruralNous travaillons pour améliorer pour notre modèle économique, dans la perspective d’une plus grande création d’emploi.

 

 

Pour conclure, je vous invite d’être au plus près de ces réformes et de ces processus, de vous engager et de militer pour une Afrique meilleure. En effet, vous êtes outillés pour à la fois technique et manageriel. Les approches d’émergence et de renouveau du modèle économique dans nos pays ont besoin de votre engagement et votre talent.

Wa Salam aliykoum oua Rahmatou Allah

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